Clara et la pénombre

José Carlos Somoza, 2001

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Si tu es en manque d’histoires originales, tu es arrivé au bon endroit ! Une chose est sûre, ce roman est unique en son genre, et c’est bien ce qui me plaît chez lui.

Ce n’est pas si simple d’en faire un résumé qui lui rende justice… Imagine un futur proche, dans lequel l’art a pris une forme nouvelle. On veut de l’éphémère, plus question de fixer ses tableaux sur des toiles : désormais, le corps humain est le support idéal pour ses dernières créations. En bref, oeuvre d’art est devenu un métier, on peut prêter son corps à un artiste le temps d’une exposition, et poser toute la journée dans un musée. En soi, ce n’est pas si révolutionnaire, on connaît déjà le body-painting, mais Somoza pousse la réflexion dans les moindres détails, et soulève une foule de problèmes du quotidien : les courbatures causées par certaines positions exigées par les artistes, les irritations de la peau suivant les produits utilisés, et surtout l’effacement de la personnalité, indispensable pour être une « bonne toile » et incarner à la perfection ce que le peintre désire représenter (« quand tu es un tableau, tu n’es pas humaine »). Et bien sûr, il y a les dérives : les modèles de piètre qualité deviennent des meubles du quotidien, engagés dans les riches propriétés pour faire la table ou l’abat-jour, les moins chanceux se retrouvent embarqués dans des oeuvres « choc », qui impliquent généralement prostitution et compagnie… Mais attention, là je ne parle que du cadre du roman. Ce n’est ni un documentaire fictif ni une histoire contemplative, mais bien un thriller ! Et c’est là que ça devient vraiment intéressant.

Clara, l’héroïne, rêve d’être peinte par le grand artiste du moment, Bruno Van Tysch. Dans ce but, elle suit toute une série de préparatifs destinés à sélectionner les meilleures toiles. Mais pendant ce temps, plusieurs modèles de Van Tysch sont assassinés sauvagement et la question qui se pose alors fait froid dans le dos : est-ce qu’on parle de meurtre, ou de sabotage d’oeuvre d’art ? Est-ce une affaire criminelle ou du vandalisme ?

Ce roman est construit très intelligemment, Somoza arrive parfaitement à soulever des questions sur le monde de l’art et son éthique, les limites entre création et liberté, tout en gardant le fil rouge de l’enquête qui lui évite de s’éparpiller et de nous perdre. Je ne connaissais pas du tout cet écrivain avant de tomber sur Clara et la pénombre, mais ce premier contact m’a convaincue ! Je reviendrai vers toi, José, c’est une certitude.

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2 commentaires sur “Clara et la pénombre

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  1. J’en avais entendu parler sur sens critique et le résumé m’avait beaucoup intéressé parce que je suis étudiante en art plastique alors forcément… Il va vraiment falloir que je me l’achète rapidement celui là !

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